Le taux de chômage des 15-24 ans a grimpé à 21,6 % au deuxième trimestre, soit une hausse de 2,5 points en un an. Face à cette dégradation, la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnelle, Sabrina Roubache, a défendu les dispositifs existants et lancé un appel aux entreprises. Décryptage chiffré et politique d’une situation qui inquiète à huit mois de l’élection présidentielle.
Chômage des jeunes : une hausse de 2,5 points en un an, un signal d’alarme
Les chiffres publiés par l’Insee sont sans appel. Sur un an, le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a progressé de 2,5 points pour atteindre 21,6 % au deuxième trimestre. Dans le détail, la hausse est de 0,4 point sur un trimestre. La part des 16-29 ans sans emploi, formation ou études (les NEET) reste stable à 13,3 % sur le trimestre, mais elle progresse sur un an.
Ce rebond intervient dans un contexte de ralentissement économique. Le taux de chômage global s’établit à 8,3 %, un niveau inédit depuis l’automne 2020. L’objectif de 5 % de chômage, porté par Emmanuel Macron depuis 2017, s’éloigne. Les jeunes générations paient un lourd tribut à cette conjoncture tendue, alors que les perspectives de croissance restent fragiles. Les tensions géopolitiques et l’impact de l’intelligence artificielle sur certains secteurs d’embauche accentuent le phénomène.
Cette situation n’est pas propre à la France. L’Organisation internationale du travail estime à 67 millions le nombre de jeunes sans emploi dans le monde en 2025, avec 257 millions de NEET. De Paris à Séoul, les gouvernements font face à une crise structurelle qui mêle ralentissement économique et transformation rapide des métiers.
Pourquoi les 15-24 ans sont-ils les premiers touchés ?
Les jeunes actifs subissent de plein fouet la précarité des contrats courts et la baisse des offres d’emploi en début de carrière. Les secteurs qui les recrutent traditionnellement, comme le commerce, l’hôtellerie-restauration ou l’intérim, sont aussi ceux qui réduisent le plus leurs effectifs en période d’incertitude. Sans expérience, difficile de rivaliser face à des profils plus aguerris.
Autre facteur : le décalage entre les compétences enseignées et les besoins réels des entreprises. La voie professionnelle et l’apprentissage constituent des réponses, mais leur attractivité varie selon les territoires. Dans certaines régions industrielles, les places en entreprise d’accueil manquent cruellement.
Sabrina Roubache assume le bilan et brandit les outils du gouvernement
Interpellée sur Europe 1, la ministre déléguée Sabrina Roubache a reconnu la remontée du chômage des jeunes, mais a immédiatement rappelé les dispositifs à disposition. « Nous avons beaucoup d’outils, notamment la voie professionnelle, l’une de ces voies qui permet à nos jeunes d’être insérés très rapidement », a-t-elle déclaré. Elle distingue la partie scolaire et la partie en apprentissage, qualifiée de « vrai succès ».
Face aux critiques sur le nombre d’apprentis en baisse en 2025, la ministre a invoqué « la conjoncture » tout en assurant que « les crédits pour l’apprentissage ont été sanctuarisés ». Son argument : « On ne casse pas une politique publique qui marche. » Elle a également défendu le bilan global sous la présidence d’Emmanuel Macron, évoquant « 500 000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans ».
Un appel direct aux entreprises pour l’apprentissage
À trois semaines de la rentrée, certains jeunes de la voie professionnelle n’ont toujours pas trouvé d’entreprise pour leur contrat d’apprentissage. La ministre l’admet : « On n’est pas tout à fait capables de le dire. » Mais elle rappelle qu’un délai de trois mois est possible à partir de septembre pour signer un contrat.
Sabrina Roubache a lancé un « appel à toutes les entreprises : n’hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d’aujourd’hui que vous formez pour vos besoins de demain ». Son cabinet assure répondre à toutes les sollicitations. Un message volontaire, alors que le gouvernement est accusé de déni par l’opposition.
Les explications de la ministre face à une hausse qui interroge
Cette hausse de 2,5 points du chômage des jeunes en un an ne doit rien au hasard. Pour la ministre déléguée, la conjoncture économique et les mutations du marché de l’emploi expliquent l’essentiel. Mais elle refuse la « caricature » d’un bilan global négatif, défendu par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Les jeunes les plus vulnérables, sans diplôme ni qualification, restent les premiers exposés. Les politiques publiques d’accompagnement, comme la garantie jeunes ou le contrat d’engagement jeune, tentent d’y remédier. Mais la demande d’emploi dépasse l’offre dans de nombreux bassins.
Face à cette situation, le gouvernement parie sur la formation et l’apprentissage. Les chiffres de l’Insee montrent toutefois une réalité contrastée : si l’emploi des jeunes avait atteint son plus haut niveau depuis les années 1990 en 2022-2023, la tendance s’est inversée depuis.
Les dispositifs à connaître pour les jeunes en recherche d’emploi
- 🛠️ Le contrat d’apprentissage : un statut en alternance permettant d’obtenir une qualification tout en étant rémunéré. Les crédits ont été sanctuarisés.
- 🎓 La voie professionnelle scolaire : une filière qui mène à des métiers concrets et recherchés, avec un taux d’insertion variable selon les filières.
- 🤝 Le contrat d’engagement jeune : un accompagnement intensif vers l’emploi ou la formation, avec une allocation possible.
- 📋 La garantie jeunes : destinée aux 16-25 ans en situation de précarité, elle propose un suivi renforcé et une aide financière.
- 📍 France Travail (ex-Pôle emploi) : des conseillers dédiés pour les jeunes et des ateliers de recherche d’emploi.
Le gouvernement assure vouloir « donner des jobs » aux jeunes, comme le répète le Premier ministre. La formation professionnelle apparaît comme la pierre angulaire d’une politique qui doit conjuguer urgence conjoncturelle et investissements de long terme. la question du financement des aides reste entière, tandis que les déficits publics réduisent la marge de manœuvre budgétaire.
La bataille de l’emploi des jeunes se jouera aussi dans les prochains mois, à l’approche de l’élection présidentielle. En attendant, l’appel de la ministre déléguée aux entreprises sonne comme un test : la promesse de « compétences d’aujourd’hui pour les besoins de demain » tiendra-t-elle face à la réalité économique ?
Ce que cache la hausse du chômage jeune
Pourquoi le chômage des jeunes augmente alors que le reste tient ?
Les jeunes sont souvent en contrats courts. Les secteurs qui les embauchent – commerce, hôtellerie-restauration, intérim – réduisent leurs effectifs en premier. Sans expérience, ils sont aussi les plus fragiles face à la concurrence des profils confirmés.
Est-ce que l'apprentissage protège vraiment du chômage ?
L'apprentissage est présenté comme un vrai succès par la ministre, et les chiffres montrent qu'il aide à l'insertion. Le hic : certaines régions manquent de places en entreprise. Et en 2025, le nombre d'apprentis baisse, ce que le gouvernement explique par la conjoncture.
Sabrina Roubache minimise-t-elle la situation ?
Elle reconnaît la hausse mais sort les arguments du bilan : 500 000 jeunes en emploi depuis 2017, des crédits sanctuarisés pour l'apprentissage. L'opposition l'accuse de déni. À huit mois de la présidentielle, la polémique n'est pas près de s'éteindre.
Faut-il s'inquiéter pour la rentrée des apprentis ?
La ministre admet que certains jeunes n'ont pas trouvé d'entreprise. Elle rappelle qu'un délai de trois mois est possible à partir de septembre pour signer un contrat. Et elle lance un appel aux entreprises pour recruter des apprentis.
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Noah Boulanger a commencé dans la presse régionale avant de se spécialiser dans les sujets patrimoniaux et immobiliers. Dix ans sur le terrain lui ont appris à vulgariser sans simplifier. Il suit de près les marchés locatifs et les réformes du crédit immobilier.