En juin, les banques ont recommencé à signer davantage de dossiers de crédit immobilier, avec 13,2 milliards d’euros de nouveaux prêts à l’habitat (hors renégociations). 📈 Dans le même temps, le coût de l’emprunt a poursuivi sa progression : 3,27% en moyenne (hors assurance), d’après la Banque de France. Un duo qui résume bien l’état du marché : les acheteurs reviennent, mais le taux redevient un filtre.
Crédit immobilier en juin : 13,2 milliards d’euros accordés malgré un taux moyen à 3,27%
Les chiffres publiés par la Banque de France (données relayées début août) montrent une hausse nette de la production par rapport à mai : 13,2 milliards contre 11,4 milliards le mois précédent. 📊 Ce niveau n’avait plus été approché depuis octobre 2025, signe que la machine du financement redémarre.
En face, le taux moyen remonte à 3,27% (hors assurance), un palier qui n’avait plus été atteint depuis février 2025. Ce taux correspond à l’intérêt “nu” et ne comprend pas l’assurance emprunteur, la garantie (hypothèque/caution) ni les frais de courtage, ce qui explique l’écart avec le ressenti réel des ménages lors de la signature. Insight : le chiffre rassure sur la reprise, mais la facture finale se joue ailleurs.
Un niveau qui rappelle la période faste 2018-2022… sans les taux sous 1,5%
Comparer juin aux années 2018-2022 aide à comprendre le retour de confiance. Sur cette période, les taux moyens tournaient souvent sous 1,5%, ce qui dopait mécaniquement la capacité d’achat et la vitesse des transactions.
Le parallèle a ses limites : aujourd’hui, un ménage peut reprendre un projet, mais il arbitre davantage. Exemple concret : un couple fictif, Élodie et Karim, qui visait 330 000 € en 2022, ajuste maintenant sa cible à 300 000 € ou rallonge l’apport pour rester dans une mensualité acceptable. La reprise du volume ne signifie donc pas un retour à l’euphorie, seulement un marché plus “trié”. Question utile : votre projet tient-il encore avec une hausse de 0,3 point ?
Taux d’intérêt immobilier : pourquoi la hausse à 3,27% ne bloque pas encore les emprunteurs
Le point clé est psychologique et budgétaire : après l’épisode des 4% atteints l’année précédente, le marché s’était habitué à un coût élevé. La remontée de juin ressemble davantage à un “rappel” qu’à un choc, surtout pour des profils stables (CDI, apport, gestion saine).
Autre facteur : certaines banques continuent de “tenir” le crédit pour alimenter leurs objectifs commerciaux, même si les conditions se tendent. Insight : l’accès au financement ne disparaît pas, il se concentre sur les dossiers les plus propres.
Le “hors assurance” : l’écart entre taux affiché et coût total qui change la donne 💡
Le taux Banque de France est publié hors assurance et hors frais annexes. Dans la vraie vie, ces lignes pèsent : l’assurance peut varier fortement selon l’âge, la profession, le niveau de couverture, et la quotité.
Pour les emprunteurs, la lecture utile est celle du taux tout frais compris. Au deuxième trimestre, sur les prêts de 20 ans et plus, il montait à 3,97%. Une différence de quelques dixièmes suffit à faire basculer l’équilibre d’un dossier, notamment lorsque le reste à vivre est serré. Insight : la négociation se joue souvent sur l’assurance et les frais, pas seulement sur l’intérêt.
Rentrée : vers des taux immobiliers autour de 3,5% à 25 ans ? Les scénarios qui circulent
Les projections pour les prochains mois restent orientées à la hausse. L’Apic évoque un taux moyen susceptible de dépasser 3,50% sur 25 ans à la rentrée, ce qui remettrait un peu de pression sur la solvabilité.
Dans le même temps, les baromètres de courtiers donnent un aperçu des taux observés : chez Pretto, en août, les moyennes ressortent autour de 3,33% sur 15 ans, 3,44% sur 20 ans et 3,52% sur 25 ans. Cela confirme un marché où la durée coûte cher, mais où les bons profils conservent des marges. Insight : plus la durée s’allonge, plus chaque dixième compte.
Cas de terrain : acheter à rénover pour compenser la hausse des taux 🔧
Pour garder un budget cohérent, certains ménages acceptent un bien moins “fini” afin de reprendre la main sur le prix d’achat. Reprenons Élodie et Karim : plutôt qu’un appartement refait, ils ciblent un logement avec cuisine à reprendre et isolation à améliorer, en négociant 5 à 8% de décote.
Le raisonnement est simple : une négociation sur le prix d’achat est immédiate, alors qu’un taux plus élevé se paye tous les mois. Cette stratégie nécessite un chiffrage strict (travaux, délais, marge d’imprévus) pour éviter de déplacer le problème. Insight : la rénovation amortit la hausse des taux seulement si le budget travaux est cadré.
Tableau de bord : chiffres clés du crédit immobilier (juin) et repères de marché
Pour garder une lecture claire, voici les repères qui structurent le marché entre volume de production, niveaux de taux et coût global. 📌
| Indicateur 📍 | Valeur 🧾 | Ce que cela implique 🧠 |
|---|---|---|
| Production de crédits habitat (juin, hors renégociations) 📈 | 13,2 Mds€ | Retour d’activité, proche d’un pic depuis fin 2025 |
| Production (mai, hors renégociations) 📉 | 11,4 Mds€ | Point de comparaison : juin marque un rebond net |
| Taux moyen Banque de France (juin, hors assurance) 🏦 | 3,27% | Tension sur le coût du crédit, niveau vu pour la dernière fois en février 2025 |
| Taux “tout frais compris” (T2, prêts ≥ 20 ans) 🧮 | 3,97% | Mesure plus proche du coût réel pour les ménages |
| Repères courtiers (août) : 15 / 20 / 25 ans 📊 | 3,33% / 3,44% / 3,52% | La durée allonge la facture, même avec un bon dossier |
Ce que vous pouvez faire dès maintenant pour sécuriser un dossier malgré la hausse des taux
Les signaux sont clairs : le volume repart, mais les conditions se durcissent, et certaines promotions bancaires se raréfient selon plusieurs courtiers. Pour éviter de subir, l’action se situe dans la préparation du dossier et la structure du financement.
Voici des leviers concrets, utilisés sur le terrain quand un projet risque de passer “juste” :
- 📌 Travailler l’apport : même 5 000 à 10 000 € peuvent réduire le niveau de risque perçu et améliorer la grille de taux.
- 🧾 Comparer l’assurance emprunteur : à garanties équivalentes, l’écart de coût peut compenser une partie de la hausse du taux nominal.
- 🛠️ Chiffrer les travaux avec marge : devis + imprévus, pour que la banque ne découvre pas un budget “optimiste”.
- ⏳ Adapter la durée au projet : allonger aide la mensualité, mais renchérit le coût total ; l’équilibre doit être calculé, pas deviné.
- 🏦 Mettre en concurrence : deux banques et un courtier suffisent souvent à révéler des écarts concrets.
Le fil rouge reste le même : à 3,27% hors assurance, la question n’est plus “peut-on emprunter ?”, mais “à quel coût total, et avec quelle marge de sécurité sur le budget mensuel ?” 🔍
Les questions qui dérangent
Les taux vont-ils continuer à augmenter ?
Les projections penchent vers une hausse modérée, autour de 3,5% sur 25 ans à la rentrée. Rien de comparable avec les 4% de l'an dernier.
C'est quoi la différence entre taux hors assurance et taux tout compris ?
Le taux publié par la Banque de France exclut l'assurance, la garantie et les frais. Dans un dossier réel, le taux tout inclus est souvent de quelques dixièmes supérieur, et sur 20 ans et plus il atteignait 3,97% au deuxième trimestre.
Faut-il acheter à rénover pour profiter de la baisse des prix ?
C'est une piste pour garder un budget cohérent. Certains ménages acceptent un bien moins fini pour compenser la hausse des taux.
Comment négocier son crédit immobilier ?
Soignez votre apport et votre stabilité de revenus. Comparez aussi les assurances, car c'est souvent là que la facture finale change.
On monte le débat d'un cran : votre position ?
Laisser un commentaire
Noah Boulanger a commencé dans la presse régionale avant de se spécialiser dans les sujets patrimoniaux et immobiliers. Dix ans sur le terrain lui ont appris à vulgariser sans simplifier. Il suit de près les marchés locatifs et les réformes du crédit immobilier.